Du côté de chez les Mensah

On s’arrête un moment à Abidjan (Côte d’Ivoire), pour rencontrer un couple membre de Wycliffe France depuis 22 ans : Barnabé et Eliane Mensah. Après avoir été traducteurs dans deux projets de traduction au Bénin et au Togo, ils forment aujourd’hui de futurs traducteurs de la Bible ou des conseillers en traduction venus de l’Afrique francophone occidentale et centrale. A la Faculté de Théologie Evangélique de l’Alliance Chrétienne (FATEAC) d’Abidjan, ils sont les seuls professeurs résidents du département de  traduction biblique.

 

Qu’enseignez-vous aux étudiants qui s’apprêtent à traduire la Bible dans des langues aussi diverses et variées ?

E et B Mensah : Précisons que notre programme bénéficie de la contribution des professeurs visiteurs de l’Alliance biblique et de SIL ainsi que des théologiens de la FATEAC pour les cours de langues bibliques et de théologie. Le programme couvre plusieurs domaines : la linguistique, la  sociolinguistique et l’anthropologie. Les aspects qui y sont abordés sont surtout ceux en rapport avec les problèmes de traduction liés aux différences de structures entre les langues sources que les étudiants utilisent dans leur travail (grec, hébreu, français, anglais etc.) et leurs langues maternelles ainsi qu’aux différences culturelles ayant des implications sur le traduction. Les applications sont directement faites sur les langues et les cultures des étudiants.

On leur donne également des outils pour faire une bonne exégèse des textes. Ils ont plusieurs cours de traduction portant sur les différents genres de textes bibliques ainsi qu’un cours sur les théories de traduction. Enfin ils doivent savoir utiliser efficacement les logiciels de traduction et les nouvelles technologies  pour la diffusion de la Bible.

 

En France, l’image de la traduction biblique est souvent : ‘’le blanc’’ qui traduit la Bible ; mais en réalité cette image est obsolète ! Dorénavant, le traducteur est lui-même un locuteur et un autochtone de la communauté pour laquelle la traduction de la Bible est effectuée.

Oui et c’est pourquoi, il est important de bien former les traducteurs autochtones dans les langues bibliques, pour une avancée rapide des projets de traduction. Les étudiants qui sont sortis du programme de formation du département depuis sa création ont toujours été très appréciés sur le terrain par la qualité de leur travail et sont souvent coordinateurs de plusieurs projets, certains ont déjà complété leur formation par la pratique pour devenir officiellement des conseillers en traduction dans leurs filiales.

 

Plus sur le programme de traduction biblique.