SENEGAL : Les bandial louent Dieu dans leur langue

"Je célébrerai mon Dieu en musique tant que je serai sur terre " Psaume 146.2
C’est ce que les bandial, en Casamance, s’apprêtent à faire dans leur langue.

Des ethnomusicologues, des chanteurs et des musiciens vont créer des chants dans la langue bandial pour louer le Seigneur. Ils seront aussi utilisés pour la version audio du Nouveau Testament. 

L'ethnomusicologue et coordinatrice de l’atelier explique:« C’est au moyen de la musique qu’on peut attirer l’attention des gens à la Parole de Dieu.  C’est au moyen de la musique que la Parole de Dieu peut arriver tout de suite au cœur.  C’est au moyen de la musique que la Parole de Dieu peut être mémorisée. »

Des versets ou des histoires bibliques sont chantés en bandial aux sons et rythmes traditionnels. Depuis 2002, des ateliers de chants sont organisés avec les bandial. En 2011, l’histoire de Joseph a été mise en musique. Le récit a été divisé en plusieurs parties pour pouvoir discuter du passage et pour choisir des versets à reprendre dans le chant.

L'ethnomusicologue témoigne : « C’était la première fois qu’ils lisaient l’histoire de Joseph dans leur langue. C’est toujours passionnant d’entendre les gens discuter de la Parole de Dieu avec autant d’enthousiasme. C’est souvent comme cela quand ils l’entendent dans leur propre langue ! »

Un des chants composés a été basé sur Genèse 45 lorsque Joseph retrouve ses frères, qui viennent acheter de la nourriture en Egypte alors que c’est la famine.

Ecoutez le chant

Quant à l’atelier du mois de mars 2015, les organisateurs souhaitent commencer à créer un chant avec cette promesse de Dieu « Oui, je vous le déclare c’est la vérité : quiconque écoute mes paroles et croit en Celui qui m’a envoyé, possède la vie éternelle. Il ne sera pas condamné, mais il est déjà passé de la mort à la vie. » (Jean 5.24). Environ 25 participants devraient assister à ces cinq jours d’atelier. En parallèle de ces ateliers, les bandial vont également recevoir le Nouveau Testament et quelques livres de l’Ancien Testament écrits dans leur langue. En l’honneur de l’arrivée de ce livre chez les bandial, une fête se prépare avec ce peuples, l'équipe de traduction et quelques personnalités politiques.

Ecoutez un chant de Noël

Téléchargez les paroles

Sénégal : Prévention contre Ebola en langue locale

Les enseignants d’alphabétisation de Wycliffe jouent un rôle vital pour informer sur la menace du virus Ebola.

Quelle tristesse de savoir que les peuples minoritaires sont souvent les derniers à être informés de la situation sanitaire. Grâce au travail du développement des langues initié par le partenaire de Wycliffe, SIL Sénégal, certains groupes linguistiques reçoivent des informations de prévention dans leur langue maternelle (soninké, bandial, fogny, mandjaque, mancagne, gusilay)

(affiche de prévention en langue soninké)

Informer clairement c'est parler dans leur langue

Clare Orr et Elisabeth Gerger, enseignantes en alphabétisation, nous parlent des ateliers de création de matériel préventif contre le virus Ebola, qui se sont déroulés durant le mois de septembre dernier:

« Beaucoup de messages préventifs contre le virus Ebola se sont répandus à travers le Sénégal via la radio, la télévision. Cependant, dans les villages, beaucoup de personnes ne parlent pas assez le français (langue officielle) ni le wolof (langue nationale la plus utilisée) pour saisir les instructions préventives. C’est pourquoi nous essayons de les atteindre par des messages dans leur propre langue. Ceux qui savent lire dans leur langue peuvent toujours lire les informations à voix haute pour ceux qui sont analphabètes.

 

Des obstacles à la prévention

Actuellement, il n’y a pas de cas d’Ebola au Sénégal. Mais les informations des pays voisins deviennent de plus en plus inquiétantes. Prendre conscience du danger et informer sur cette maladie est un réel besoin.

De fausses rumeurs posent de gros problèmes dans les pays voisins. Par exemple, l’idée que le virus Ebola vient des occidentaux pour qu’ils puissent voler leurs organes. Ou, de fausses statistiques du gouvernement dans le but de récolter plus de fonds.

De plus, la vision du monde traditionnelle des africains est très différente de la nôtre. Cela peut rendre difficile la prévention et la gestion de crise.

Au Sénégal, selon la conception traditionnelle, les maladies viennent la plupart du temps parce que les fétiches sont en colère or parce qu’une personne nous a jeté un sort. Les personnes vont alors voir un marabout ou un prêtre des fétiches. Par ailleurs, beaucoup de personnes dans les villages ne savent pas ce qu’est un virus. Il y a deux mondes, celui des gens ici dans les villages et celui des médecins, vêtus de leur blouse et masque protecteurs, aux airs effrayants, et qui n’interviennent pas dans les villages reculés.

Des informations claires et appropriées sont alors importantes. Sans elles, c’est impossible de changer les croyances traditionnelles.

 

Traduction et création de matériel de prévention

Nous avons donc décidé d’organiser un atelier pour traduire des documents de prévention dans des langues locales. Au moins deux personnes de chaque groupe linguistique participent aux ateliers. Nous avons trouvé sur internet des flyers, affiches et des cours de prévention qui peuvent être donnés dans les villages.

Ces cours commencent par une mise en situation. Mariama et Aminata, qui ont été touchées par le virus Ebola. Mais, Mariama n’a aucun symptôme sérieux. Elle contamine sa famille et finit par mourir. Aminata va immédiatement à l’hôpital, et finalement, elle se rétablit. Cette étude de cas est suivie d’un moment de question-réponse sur les origines, les symptômes, la contagion par le virus et les mesures de précaution.

Comme dans la traduction de la Bible, nous faisons attention aux détails pour assurer que le message est compris clairement. Pendant les ateliers, ces cours sont une introduction pour informer les traducteurs. Les traducteurs choisissent ensuite les autres ressources qu’ils souhaitent traduire dans leur langue. Nous discutons des mots difficiles voire inconnus puis ils commencent la traduction et la création d’affiche préventive. »

Des ONG intervenant dans le domaine de la santé sont maintenant intéressées d'avoir d'autres affiches en langues locales. Ces affiches devraient être distribuées dans les dispensaires des régions et des réunions d'information vont s'organiser.
Prions pour l'accord rapide du gouverneur et du préfet, avant la moisson de riz (mi-décembre. Car, pendant les récoltes, les villageois n’ont pas le temps de participer aux réunions.